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Lancement des Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation : une formation des enseignants ambitieuse au cœur des universités

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Geneviève Fioraso et Vincent Peillon à Lyon sur les ESPE

Lundi 1er juillet, Geneviève Fioraso et Vincent Peillon ont lancé les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE). Véritables composantes universitaires, les ESPE proposent une formation des enseignants renouvelée, innovante et favorisant la réussite pour tous, quels que soient les territoires, l’origine culturelle ou sociale.

Discours - 1.07.2013
Geneviève Fioraso

Je suis particulièrement heureuse d'être avec vous aujourd'hui, aux côtés de Vincent Peillon, Ministre de l'Education nationale, pour saluer le travail réalisé par tous les porteurs de projet, réunis en séminaire aujourd'hui, au service d'un parcours de réussite pour tous, de la maternelle jusqu'au diplôme permettant l'insertion professionnelle. Car si les Ecoles Supérieures du Professorat et de l'Education ont été mises en place par nos deux ministères, c'est bien pour construire et déployer une formation des enseignants ambitieuse, au cœur des universités. Ces écoles seront de véritables composantes universitaires, ouvertes sur leurs écosystèmes, académique bien sûr, mais aussi social, économique, culturel, sportif. Bref, une formation ouverte sur la vie pour une école et des élèves eux aussi ouverts sur la vie.

Ce n'est pas un hasard si nous avons choisi Lyon et il ne s'agit pas aujourd'hui d'un quelconque tropisme rhônalpin même si je me sens toujours bien accueillie et "en famille" dans cette belle capitale régionale. Il y a d'ailleurs un certain parallélisme entre le développement et le dynamisme de cette grande métropole à vocation européenne, qui s'est ouverte à l'innovation, à l'Europe, au monde, depuis quelques années et le nouvel élan que Vincent Peillon et moi avons voulu impulser, dès la rentrée 2014, à une formation des enseignants renouvelée, innovante et favorisant la réussite pour tous, quels que soient les territoires, l'origine culturelle ou sociale. Et ici, à Lyon, vous avez su impulser cet élan de façon tout à fait exemplaire.

Nous venons de le constater ensemble, il y a quelques instants, à l'occasion de la présentation d'un dispositif innovant sur le numérique. Vous savez que les technologies de l'information et de la communication font l'objet d'une attention et de modalités particulières dans le projet de Loi sur la refondation de l'école de la République qui vient d'être adopté et le projet de Loi sur l'enseignement supérieur et la recherche qui va, je l'espère en tout cas, être adopté dans les jours à venir au Sénat et à l'Assemblée nationale. C'est important et j'y reviendrai.

Nos deux projets de loi ont une priorité, j'allais dire presque une obsession commune, c'est l'élévation du niveau de connaissances de toute une génération. Notre mission, c'est de mettre en place les conditions pour que tous les jeunes aient des chances égales de réussir leur parcours de formation, dans un continuum entre l'école, le collège, le lycée et l'enseignement post-bac. Nous nous inscrivons en cela dans l'engagement du Président de la République et la politique de notre gouvernement, qui mise sur la jeunesse et l'avenir pour opérer le redressement du pays. Et pour cela, toutes les études le montrent, la qualité de la formation des enseignants est la clé.

C'est déjà ce que préconisait Jean Zay, quand il proposait d'associer systématiquement l'accès aux formations supérieures et le renforcement de la formation des instituteurs, notamment grâce aux stages en alternance.

Or, là aussi le constat est largement partagé, la réforme dite de la "mastérisation" portée par le précédent gouvernement a été un échec car elle est allée, pour des raisons d'économies budgétaires, à l'encontre de la préconisation de Jean Zay. Cette réforme a  tout sacrifié : la qualité de la formation universitaire et, surtout, la professionnalisation indispensable à l'apprentissage de ce qui est un métier à part entière, la transmission des savoirs. Le tout, et ceci explique sans doute cela, sans la moindre concertation, d'où le sentiment de désorganisation et de découragement ressenti par tous les acteurs de la formation.

Il était urgent de tourner la page et une réforme s'imposait. La réforme de l'école, de l'université n'est pas une réforme comme les autres. Car il y a dans toute réforme de la formation des enseignants un enjeu de civilisation. Albert Camus, toujours visionnaire, nous alertait déjà, il y a 60 ans, dans ses chroniques journalistiques : "Le monde change, et avec lui les hommes et la France elle-même. Seul l'enseignement français n'a pas encore changé. Cela revient à dire qu'on apprend aux enfants de ce pays à vivre et à penser dans un monde déjà disparu."

Si nous réformons, ce n'est donc pas, comme j'ai pu le lire ça et là pour le plaisir de détricoter ce que nos prédécesseurs avaient fait, même si nous ne pouvons pas souscrire à leur entreprise de déconstruction de l'école de la République. C'est bien parce que les résultats de nos élèves, à tous les niveaux, se sont dégradés, mettant ainsi en péril leur qualification, donc leur insertion professionnelle et sociale, en particulier pour les jeunes issus des milieux les plus modestes. Dans le premier cycle, à l'université, la réussite en licence a reculé de 5 points en 5 ans, passant de 38 à 33%, alors qu'elle est de 60% en Allemagne pour des filières non sélectives, comparables aux nôtres. La représentation des étudiants issus des milieux les plus modestes est elle aussi en recul et l'université, comme l'école, non seulement reproduisent mais accentuent les inégalités sociales, culturelles, territoriales. A l'université, plus on avance dans le niveau d'études, moins les jeunes de milieu modeste sont représentés. C'est une vraie source de désespérance et c'est un handicap pour notre développement au moment où tous les pays développés et les pays émergents investissent dans l'éducation. En Corée du Sud, un pays en ruines il y a 50 ans, on compte 3,3 millions d'étudiants pour 59 millions d'habitants, soit près d'un million d'étudiants de plus que dans notre pays...

Tout cela nous montre qu'il était vraiment temps d'agir pour réussir le pari d'une formation des jeunes qui les prépare et les arme pour l'avenir, dans un monde où la connaissance est devenue un enjeu de compétitivité et de progrès. Pour y parvenir, nous avons choisi la voie de la réflexion, de la concertation et de la coopération.

Bien entendu, il s'agit d'abord de la réflexion et de la coopération entre nos deux ministères et, malgré des services administratifs en commun, cette coopération était en soi une innovation. Je salue la qualité du travail effectué par nos équipes, qu'il s'agisse des services administratifs ou de nos cabinets respectifs. Daniel Filâtre, conseiller formation au M.E.S.R. et Simone Bonnafous, directrice de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle, ont effectué un travail formidable avec leurs homologues du MEN et tous leurs collaborateurs et je veux officiellement les en remercier. Vous avez pu, les uns et les autres, apprécier leur compétence et leur disponibilité. S'ils ont été à votre écoute, c'est parce que les acteurs de la réussite des ESPE va d'abord reposer sur vous, les acteurs de terrain, les professionnels de la formation, de la recherche, de la coordination des formations.

Car la coopération qui compte, parce qu'elle aura des effets de long terme, c'est celle des acteurs de l'éducation dans les sites universitaires. Il fallait que les équipes du monde universitaire et du monde scolaire réapprennent à travailler ensemble. Il fallait que les ESPE soient un enjeu de coopération territoriale entre universités et non, comme l'ont été trop souvent les I.U.F.M., un enjeu de compétition voire un motif de déchirement. C'est aussi un enjeu de coopération avec les collectivités, sur les territoires et nos deux projets de loi, tout en montrant le retour d'un Etat stratège, reconnaissent toute l'importance du lien avec les collectivités, le tissu associatif, social, économique, au service d'un projet éducatif global.

Fruit de ces coopérations multilatérales, cette réforme repose aussi sur une autre conception de la formation des professeurs, fondée sur deux principes :

  • Le premier, c'est de réaffirmer qu'enseigner est un métier, un métier qui ne s'improvise pas mais qui s'apprend, pour permettre l'acquisition coordonnée des savoirs et des compétences professionnelles. Cela peut apparaître comme une évidence mais, encore une fois, la réforme de la mastérisation l'avait occultée.
  • Le second principe, c'est notre choix d'inscrire la formation des enseignants comme une compétence des universités, parfaitement intégrée au cursus des masters et à l'ensemble des parcours étudiants, en amont et en aval du master.

C'est pourquoi, dès cette rentrée, les étudiants s'inscriront dans des masters nouveaux et innovants, les masters "métiers de l'enseignement, de l'éducation et de la formation". Formations universitaires professionnelles, de haut niveau scientifique, les masters MEEF offriront aux étudiants des stages dès le premier semestre, intégrés à la formation. En seconde année, dès 2014, ils offriront une formation en alternance dans un établissement scolaire pour les lauréats du concours.

C'est donc un grand changement qui se prépare dans les universités et je veux saluer le travail collectif qui a été réalisé, en particulier celui des universitaires, de tous les universitaires, de toutes les composantes, qui ont contribué à la réussite tout à fait remarquable des projets que nos ministères ont examinés et, pour l'essentiel, validés. Le tout, dans des délais forcément trop courts, mais que la situation nous imposait.

Pouvoir nous réunir ici à Lyon un 1er juillet pour le lancement des ESPE, qui sera effectif dans 2 mois, c'est une vraie victoire dont nous pouvons être fiers. Nous faisons ensemble la démonstration que le secteur public français sait se mobiliser à grande échelle et agir de manière rapide et efficace et cela doit nous donner confiance pour la suite.

Merci aux présidents d'université et à leurs équipes. Je sais que votre engagement dans chaque académie de France a été total. Je voudrais remercier également les recteurs d'académie, chanceliers des universités, ainsi que toutes leurs équipes dont la mobilisation a été exemplaire et ce n'était pas si facile.

Je veux ajouter maintenant que les ESPE sont d'une autre manière encore au cœur de la politique que je conduis.

Elles ont été, par leur conception, et sont encore, au moment de leur mise en place, le laboratoire et la préfiguration de la réforme de l'enseignement supérieur et de la recherche que porte mon ministère, à la fois dans la Loi en débat et dans les mesures déjà engagées.

En mettant en œuvre les ESPE, nous mettons déjà en application l'une des dispositions principales de la future Loi, qui confie au ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche la coordination de l'ensemble des enseignements supérieurs, ce qui n'était pas le cas auparavant pour les écoles dont la tutelle est assurée par d'autres ministères.

La qualité du travail en commun entre les deux ministères, que j'ai déjà saluée, est aussi l'exemple que nous suivons pour définir la  "stratégie nationale d'enseignement supérieur  et de la recherche", en partenariat tous les ministères concernés par la formation et la recherche, missions transversales s'il en est.

Autre préfiguration : celle de la réussite des parcours de formation, car j'ai voulu inscrire la réussite étudiante comme une priorité de la Loi. Comme pour les ESPE, nous avons privilégié une plus grande fluidité dans l'orientation, un continuum entre le secondaire et le post-bac, une connaissance des métiers et des systèmes d'orientation en amont. La Loi, en instaurant un système d'accréditation des formations, avec une simplification de la nomenclature des licences et des masters, privilégie la lisibilité de l'orientation pour les familles et les employeurs, ce qui facilitera aussi l'insertion professionnelle des étudiants. Je veux aussi doubler l'alternance à l'université pour renforcer les liens entre la formation et les milieux professionnels. C'est l'équivalent de la professionnalisation progressive dans la formation des professeurs. Enfin, l'accréditation qui remplace l'habilitation des formations permettra de simplifier une offre devenue aujourd'hui illisible pour tous, à commencer par les jeunes, leurs familles et les employeurs. Comment peut-on justifier le maintien de 4 000 intitulés de licences et 10 000 intitulés de masters ? Cela a conduit à la création d'un nouveau métier, celui de coach privé, pour aider les familles à s'orienter dans le système Admission post-bac. Ce n'est pas admissible dans le service public de l'éducation.  Avec l'accréditation, c'est finalement la même démarche d'efficacité et de transparence que celle que Vincent Peillon et moi préconisons pour les ESPE.

Nous avons également appliqué aux MEEF le principe de la spécialisation progressive : au sein d'un modèle de formation qui est à la fois plus ouvert sur l'environnement professionnel et mieux intégré, avec un équilibre entre formation académique et formation professionnelle, nous avons en effet conçu des cursus où le choix du métier se fait progressivement, en ménageant des voies de sorties et de réorientation. C'est aussi ce que prévoit de façon plus générale la Loi, avec une spécialisation progressive dans tout le premier cycle à l'université, pour élargir le socle des connaissances et faciliter les réorientations sans redoublement.

Les ESPE seront également le laboratoire de l'enseignement numérique et par alternance, et, plus généralement, du renouveau des pratiques pédagogiques dont notre enseignement supérieur, qui en a bien besoin s'il veut former mieux et davantage. De ce point de vue, la mise en place des ESPE doit s'accompagner d'une revalorisation des filières technologiques et professionnelles et des métiers auxquels elles préparent.

La nécessaire démocratisation de l'accès à l'enseignement supérieur suppos la diversification des méthodes pédagogiques et la capacité à prendre en compte la diversité des profils socio-culturels des étudiants.

Cette innovation pédagogique passe :

  • Par le numérique, parce que tous les enseignants doivent être à la fois en totale familiarité avec ce mode d'expression et de communication, au moins autant que certains de leurs élèves, et en même temps parfaitement alertés des implications et des limites en termes d'apprentissage, de discernement à acquérier et à transmettre... ;
  • Par l'alternance, bien entendu, j'ai déjà évoqué son importance, et nous la rétablissons dans les ESPE alors qu'elle avait été sacrifiée par nos prédécesseurs. Les emplois d'avenir professeurs, qui concerneront 18 000 étudians en régime plein, y contribueront aussi.

Ils participeront aussi, en accueillant en priorité les élèves boursiers, de la démocratisation de la profession d'enseignant, aujourd'hui peu divisersifiée sur le plan socio-culturel. A la diversité des jeunes doit correspondre la diversité des enseignants au service de la réussite scolaire pour tous. Elle passe aussi par le développement du tutorat et de l'accompagnement personnalisé, avec un engagement d'étudiants et d'enseignants confirmés qui permettra aussi, dans les ESPE comme dans les autres composantes de l'université, de favoriser la réussite en premier cycle et en master.

Les ESPE participeront, autre innovation, à la formation tout au long de la vie, que j'ai inscrite pour la première fois au niveau de la Loi dans les missions de l'enseignement supérieur. Pour les ESPE, cela concerne la formation continue des enseignants, de la maternelle au post-bac, sans laquelle aucune réforme n'aura d'effet durable. Les ESPE seront tout naturellement la maison des enseignants, un centre de ressources et de compétences où ils pourront venir se former et bénéficier des avancées de la recherche et des innovations pédagogiques.

Elles prépareront des programmes spécifiques de formation mais aussi des cursus de masters qui seront adaptés à chaque catégorie de personnels de l'éducation nationale. Elles devront donc tout particulièrement prendre en compte les demandes de reprises d'études et de qualification.

Les ESPE ont été également le laboratoire de la procédure d'accréditation que j'évoquais plus tôt,  une politique conduite par un Etat stratège, qui interagit avec des établissements autonomes.

Les ESPE sont conçues sur chaque site à partir d'un cahier des charges qui traduit l'ambition du gouvernement pour la formation des enseignants. En choisissant d'accréditer les ESPE, nous avons mis l'accent sur la qualité d'un projet global dans chaque académie avant de regarder simplement, une à une, chaque demande d'habilitation pour les masters. C'est bien à partir de ce cahier des charges que vous avez travaillé et que nous vous avons accompagnés.

Le cahier des charges de l'accréditation est la traduction d'une volonté que je partage avec Vincent Peillon et c'est bien le rôle de l'Etat que d'assurer cette double missin : dire ce qu'il attend lorsqu'il s'agit de préparer un diplôme national et aider à atteindre cet objectif par un accompagnement permanent et une exigence partagée.

Vous avez commencé à travailler sur ce projet dès le mois de décembre. A partir des premiers dossiers de préfiguration, les services ont pu souligner sur quels points ils devaient progresser. Ensuite, les dossiers définitifs de chaque académie ont été évalués, retravaillés, et ils seront soumis pour avis au CNESER à la mi- juillet.

En rappelant ce processus que vous connaissez bien, je tiens à souligner le travail réalisé, son intensité et sa qualité. Les universités ont fait preuve d'un engagement exceptionnel et d'une véritable intelligence collective.

Enfin, les ESPE sont également un premier pas décisif dans les regroupements territoriaux proposés par la loi.

En effet, sur chaque site, dans chaque académie, l'ESPE est conçue comme un produit de la coopération entre universités et composantes disciplinaires.

C'était la règle : les ESPE ne seront pas la reconversion des I.U.F.M. Et c'est la réalité de vos propositions : vous avez en effet exploré, non sans quelque imagination institutionnelle, toutes les combinaisons possibles pour parvenir, quel que soit le cas de figure local, à un pilotage transversal et une mise en commun de la formation des enseignants.

Dans la plupart des académies, la manière dont l'ESPE est conçue, installée et gouvernée, préfigure à maints égards ce que seront les prochains regroupements, communautés, co-fédérations, associations ou même fusions. Ce sera un choix de terrain car c'est cela aussi l'autonomie des universités et cette mise en oeuvre d'une autonomie réelle est aussi une innovation.

Tout comme dans la politique que je conduis, tout comme dans la Loi pour l'enseignement supérieur et la recherche, les ESPE sont conçues selon un modèle fondamentalement universitaire, qui ne sépare jamais la formation de la recherche.

Fortement associées aux composantes généralistes et pour la plupart solidement ancrées dans des équipes de recherche disciplinaires, les ESPE sauront enfin développer la recherche française en éducation et en didactique.

L'enjeu dépasse d'ailleurs très largement la réussite des ESPE elles-mêmes. L'enjeu est à la dimension de l'Europe, et de ses plus grands défis sociétaux. L'enjeu est celui des capacités d'intégration de nos sociétés. L'éducation est un vecteur d'intégration sociale essentiel et les recherches sur l'éducation, sur les apprentissages et sur l'intégration cognitive et culturelle doivent compter parmi les plus grandes priorités de l'Europe du XXIe siècle.

La réforme des ESPE que nous portons ensemble, Vincent Peillon et moi, repose donc sur les principes fondateurs ou refondateurs des deux lois : celle sur l'école de la République et celle sur l'enseignement supérieur et la recherche, en cohérence et en continuité, au service d'une cause commune, la plus belle cause, celle de l'acquisition de savoirs partagés, dans une société de la connaissance ouverte à tous.

Il ne faut pas oublier pour autant les marges de progression que nous avons identifiées. Selon les académies, le chemin à parcourir est plus ou moins long. De votre côté, et vous avez déjà commencé à le faire, vous ne manquerez pas de formuler des observations ou des demandes qui nous aideront à améliorer le dispositif national. De plus, plusieurs projets déposés et validés proposent une trajectoire et des évolutions entre la version qui sera mise en œuvre à la rentrée 2013 et les années suivantes. Nous nous inscrivons donc dans une démarche de progression, d'essais-erreurs-réorientations, ce qui est en soi une innovation dans le système français, volontiers binaire et propice aux jugements péremptoires. Nous nous inscrivons dans le temps long de la formation, qui nécessite des remises en question, des ajustements au service d'objectifs d'intérêt général.
 
Dans cette phase de transition, d'adaptation et d'amélioration, vous pouvez, encore et toujours, interagir avec les services du ministère et compter sur notre coopération et notre accompagnement attentif.

L'ouverture des ESPE n'est donc pas une fin mais le début d'une histoire que nous avons commencé à écrire ensemble. C'est la qualité de la formation des futurs enseignants qui doit être notre feuille de route. C'est surtout la réussite des jeunes qu'ils formeront qui doit rester notre indicateur, mais surtout notre préoccupation première.

Nous portons une responsabilité collective vis-à-vis des 50 à 60 000 étudiants concernés par les recrutements. C'est un investissement considérable dans la période, tout comme les 1 000 postes par an, soit 5 000 au total, dont la création est engagée dans l'enseignement supérieur. A ces 60 000, nous devons ajouter les enseignants en postes qui viendront à l'université suivre des formations et s'enrichir des avancées de la science et de la recherche.

Mesdames et Messieurs, la priorité accordée par le Président de la République et le Gouvernement à la formation, avec un investissement public inédit, important sur le plan financier, et surtout sur le plan humain, social, nous donne une responsabilité particulière. Nous devons réussir ce pari de la réussite des parcours de formation, de qualification et de réussite pour tous. C'est ensemble et en partenariat, sur le terrain, que nous le réussirons. Je vous remercie à nouveau de votre passion pour l'éducation et de votre engagement au service de la jeunesse de ce pays.

 

1ère publication : 1.07.2013 - Mise à jour : 12.07.2013

Intervention de Geneviève Fioraso au séminaire de lancement des ESPE

Contact presse

Delphine CHENEVIER

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